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 le Harcèlement

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Marie-Noelle
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Date d'inscription : 19/04/2016
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MessageSujet: le Harcèlement    Mar 17 Mai 2016 - 20:13

Harcèlement : les femmes politiques dénoncent des élus "qui se croient intouchables"

ue huit femmes, dont quatre élues d'Europe-Écologie-Les Verts, ont raconté dans une enquête France Inter - Mediapart, révélée lundi 9 mai, le harcèlement et les agressions que Denis Baupin aurait exercés envers elles, la polémique sur les hommes politiques ne cesse d'enfler. Des élus de la République pourraient agresser et harceler en toute impunité des victimes plus incitées à garder le silence qu'à porter plainte. Après avoir démissionné de la vice-présidence de l'Assemblée nationale dans la même journée de lundi, certaines personnalités politiques réclament que Denis Baupin quitte également son siège de député. Ce mercredi 11 mai, Michel Sapin a tenu à s'expliquer après avoir été accusé il y a quelques semaines d'avoir tiré sur l'élastique de la culotte d'une journaliste dans le livre Élysée Off. De son côté, l'ancienne ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine, Monique Pelletier, a raconté au JDD le baiser forcé d'un sénateur qu'elle avait subi... il y a près de quarante ans.

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Monique Pelletier ‎@pelletiermoniqu
D.Baupin...les victimes parlent..enfin..bravo! ministre des femmes en 1979,j'ai été agressée par un sénateur..honte à moi de mon silence!
10:23 AM - 10 May 2016
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Le débat a créé une onde de choc. Sauf peut-être du côté des femmes politiques, de droite comme de gauche. « Des histoires de harcèlement, on en entend dans tous les partis, ça va plus ou moins loin », assure la députée LR et candidate à la primaire républicaine Nathalie Kosciusko-Morizet. Même son de cloche chez Roselyne Bachelot : « Les agressions existent partout. Mais on ne peut pas dire que ce qui est dénoncé actuellement soit rare. Il ne s'agit pas de deux ou trois cas mais d'un phénomène important et classique ». Elle-même n'a jamais fait l'objet de harcèlement : « J'avais la réputation d'être une teigne, et tant mieux ».

Ce qui a le plus surpris la sénatrice Europe-Écologie-Les Verts, Esther Benbassa, est que l'affaire se soit déroulée « à l'intérieur d'un parti qui respecte la parité, où les femmes ont une commission féministe et où l'on dénonce le sexisme ». « Cela veut dire qu'ailleurs c'est encore pire », craint-elle. Pour Catherine Coutelle, députée PS et présidente de la délégation aux Droits des femmes à l'Assemblée nationale, ce n'est qu'une énième manifestation d'une forme de « domination masculine » persistante. « Dans le milieu politique comme dans le monde du travail, dès qu'il y a une subordination, cela favorise le harcèlement. Dans tout ce qui touche au pouvoir des hommes, on entre dans un rapport de domination. Quand on le dénonce, il y en a toujours un pour lever les yeux au ciel », souffle-t-elle.

"Le sexisme est l'antichambre de la violence"

Si le harcèlement ne se cantonne certes pas aux murs des institutions politiques, certaines femmes décrivent toutefois une vie politique française particulièrement propice à ces dérives et dans lequel les femmes ont peu de marge pour se défendre. « Vu le machisme ambiant en politique, ça ne m'étonne pas. On le remarque au quotidien : il y a une domination par les hommes », raconte la sénatrice EELV du Val de Marne, Esther Benbassa. Au Sénat, les femmes ne sont que 25%. À l'Assemblée nationale, 27% selon l'Insee (1). En faible nombre, les femmes auraient plus de mal à acquérir respect et considération. « Nous savons que tous les groupes minoritaires sont fragilisés, vulnérables et soumis à la loi du plus fort. Cela commence par des petites choses sexistes... Au Sénat, on ne nous écoute pas quand nous parlons. Notre parole n'a pas le même poids que celle des hommes ».

Si Nathalie Kosciusko-Morizet tient à faire la différence entre les agressions caractérisées « peu nombreuses » et les propos sexistes « fréquents dans le monde politique », elle concède que les seconds favorisent les premières. « La politique est un milieu très machiste. Il y a un fond sexiste qui peut servir de terreau à des comportements franchement scandaleux pour les quelques-uns qui ont un tempérament complètement déréglé… Le sexisme est l’antichambre de la violence. Quand il est généralisé, certains se sentent désinhibés et ne répriment pas leurs pulsions. »

"Certains se pensent intouchables "

Ils pensent avoir un droit de cuissage
Esther Benbassa, sénatrice EELV
En politique plus qu'ailleurs se mêlent pouvoir, conquête et séduction. « Cela peut attirer des profils de prédateurs borderline », affirme Roselyne Bachelot. L'ancienne ministre désormais animatrice sur la chaîne D8 porte un regard critique sur le milieu politique. « Le pouvoir rend fou. Il est aphrodisiaque, à la fois pour la personne qui l'exerce et pour celui qui le contemple, explique-t-elle. Cela donne au premier un sentiment de toute puissance et d'impunité. »

Esther Benbassa, elle, parle directement de « droit de cuissage » que certains hommes politiques penseraient avoir. « Le problème est qu'ils se croient intouchables. C'est ça le pouvoir, ils se croient au-dessus et ne se rendent parfois même pas compte qu'ils dépassent les limites, constate l'élue EELV. La politique ramène à cet état du mâle conquérant pour lequel la femme devient un attribut. » Du côté de Strasbourg, la député européenne Sylvie Goulard assure que « ceux qui veulent le pouvoir cherchent à séduire et considèrent anormal qu'on leur résiste ». Quitte à user du chantage pour donner des tickets d'entrée. « Ils sont parfois dans des positions-clés où ils peuvent faire pression et miroiter des postes, explique Sylvie Goulard. Certaines femmes sont complaisantes et bâtissent leur carrière là-dessus. C'est un système très malsain. »

L'effet "club" des hommes

Entre vous et lui, mon choix est fait
Les harceleurs peuvent être d'autant plus désinhibés que leurs collègues penchent souvent pour leur défense. « Dans les lieux de domination masculine, à l'université comme en politique, il y a cet "effet club", les hommes se défendent entre eux, et se coalisent », affirme la sénatrice Esther Benbassa.

Roselyne Bachelot se souvient d'une anecdote remontant à l'époque où elle s'occupait de la commission technique et paritaire d'une collectivité territoriale. « Des femmes s'étaient ouvertes à moi sur le harcèlement qu'elles subissaient de la part d'un élu, avec des tentatives de viol. Quand je suis allée trouver le président du conseil général, il s'est mis dans un état de colère d'une violence considérable et m'a dit "vous attaquez un élu parfaitement irréprochable, entre vous et lui, mon choix est fait". C'est une réaction classique : les hommes se serrent les coudes. Il y a une minimisation des faits de la part des gens à qui l'on pourrait en parler. »

Esther Benbassa avait entendu ces bruits qui couraient sur Baupin au sein d'EELV. « On entendait "il harcèle des militants, des collaborateurs"... Mais il n'y avait pas de noms. » L'élue dit se méfier des ragots, parfois mis en œuvre pour disqualifier des concurrents. Et aussi par déni de ce qui pourrait être une réalité gênante. « Comment voulez-vous accuser un homme qui vient de se marier, qui a deux bébés, qui est marié avec la secrétaire nationale du parti (Emmanuelle Cosse, NDLR), sans preuves ? Quand il y a des racontars on ne veut pas les entendre : on ne veut pas de conflit. On devrait avoir l'oreille plus fine. Quand les femmes parlent de harcèlement sexuel, ça ne veut pas dire que c'est juste un coureur ou un dragueur », regrette-t-elle.

"Prends tes précautions"

Les assistantes doivent leur carrière au député qu'elles servent
Roselyne Bachelot
Le bénéfice du doute penche souvent du côté de l'agresseur. Face à un élu désinhibé et souvent protégé, la collaboratrice prise en étau se mure très souvent dans le silence. « La personne harcelée culpabilise, se dit "peut-être que je n'ai pas compris", craint de passer pour une hystérique et finit par se taire pour ne pas perdre sa place ni causer de scandale », décrit Esther Benbassa.

Et pour cause : souvent, les collaboratrices dépendent uniquement d'un seul référent. D'après Roselyne Bachelot, les assistantes parlementaires seraient ainsi parmi les plus touchées. « Elles sont dans un état d'infériorité où elles doivent leur poste et leur carrière au député qu'elles servent, explique-t-elle. Si des femmes plus outillées, comme la députée Isabelle Attard, ont nourri la loi de l'omerta, cela laisse imaginer ce qu'il se passe derrière. »

Qu'elles soient assistantes ou élues, on recommande rarement à la victime de poursuivre l'agresseur. Roselyne Bachelot atteste avoir déjà entendu des gens « de bonne foi » conseiller à des femmes politiques de « penser à leur carrière », de « ne pas faire d'histoire », voire même de « prendre ses précautions ». En novembre 2013, l'Assemblée nationale a réagi aux rumeurs de harcèlement concernant des députés en missionnant Catherine Leroy, chef de division au secrétariat général, « référente en matière de harcèlement ». En vain, à en croire la députée Catherine Coutelle, qui rapporte qu'une seule plainte aurait été déposée depuis. Interrogée à ce sujet, Catherine Leroy a pour consigne de ne pas communiquer.

Le doute pour les uns, les soupçons pour les autres

Les femmes agressées sont doublement victimes
Nathalie Kosciusko-Morizet, députée LR
Ne pas créer le scandale pour l'agresseur... mais aussi pour soi-même. Car si la victime parle, elle sera aussitôt assurée de faire l'objet d'accusations de mythomanie ou de complot politique. « Ce n’est pas simple de faire le saut car on prend le risque de voir son nom lié à un scandale. Je trouve très choquant de voir la façon dont certains mettent en cause la parole des femmes dans cette affaire, déplore Nathalie Kosciusko-Morizet. Elles sont doublement victimes : à la fois des faits et de devoir se justifier de tout. Quand vous êtes une femme qui dénonce le sexisme, vous faites plus l’objet de moqueries que de soutiens. »

Un réflexe qui serait bien français, selon la députée européenne Sylvie Goulard. « Dans d'autres pays européens, lorsque sortent des affaires de détournement d'argent, de harcèlement, la réaction de la société est beaucoup plus sévère. En France, il y a une espèce de tolérance à la gaudriole et aux frasques des puissants. »




 
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